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samedi, février 10, 2007

Bruxelles : Viviane Teitelbaum (MR) porte plainte contre Z

La députée bruxelloise Viviane Teitelbaum-Hirsch (MR) a déposé une plainte auprès du procureur du Roi de Bruxelles contre Rachid Zegzaoui (PJM, ex-Ecolo, ex-PCP) alias "Rachid Z". L'animateur du blog "Observations Citoyennes" est accusé par la parlementaire membre de la communauté juive d'avoir été verbalement menaçant, d'avoir eu une attitude agressive et de l'avoir insultée de sioniste lors d'une conférence débat publique organisée par le Mouvement Citoyen Palestine le 08/11/2006 sur le thème : "Quel rôle peut jouer la Belgique pour une paix juste et durable en Palestine ?".

"Il est exact que j'ai fait savoir à l'assemblée présente que madame Teitelbaum était une sioniste et que le sionisme était une idéologie à relent fasciste. Par contre, je n'ai jamais dit à cette dame qu'elle était une ennemie. (...) Si elle a pris mes paroles pour des hurlements de haine, c'est son problème. (...) Pour ce qui est du sionisme, je m'étonne que madame Teitelbaum prenne cela comme une insulte car elle a rendu visite à plusieurs reprises à Ariel Sharon qui était le chef du gouvernement israélien dont le pays est un Etat sioniste. (...) Je n'ai nullement l'intention d'attenter à l'intégrité physique de Madame Teitelbaum. J'essaie simplement de susciter le débat citoyen. Tout ce que je dis se fait dans la légalité. Je ne suis pas antisémite, ni raciste, ni violent", réplique Rachid Zegzaoui. "Je me rappelle avoir publié un ou deux articles à propos de cette conférence sur la Palestine mais je n'y ai insulté personne. J'ai effectivement qualifié madame Teitelbaum de sioniste et je suis prêt à m'excuser si elle s'est convertie depuis à l'antisionisme. Madame Teitelbaum me connaît bien car j'avais déjà dénoncé sa hiérarchisation des différentes formes de racisme et son instrumentalisation de la députée Souad Razzouk (ex-FDF) dans la cadre d'une résolution sur l'antisémitisme et l'islamophobie votée au Parlement bruxellois."

dimanche, février 11, 2007

Viviane Teitelbaum : "Je n'accepte pas que le sionisme soit assimilé au fascisme"

Après avoir annoncé que la députée bruxelloise Viviane Teitelbaum (MR) avait porté plainte contre Rachid Zegzaoui en laissant la réplique à l'accusé, j'ai pris contact ce dimanche (11/02/2007) avec la députée libérale afin de lui demander de réagir à ce propos.

"Contrairement à ce qui est dit dans votre article, je n’ai pas déposé plainte auprès du Procureur du Roi de Bruxelles, contre M. Zegzaoui. Mais j’ai bien informé le Procureur du Roi, dans une lettre datée du 7 novembre 2006 des propos agressifs, menaçants et insultants exprimés à mon égard par M. Zegzaoui lors d’une conférence-débat à laquelle je participais le 2 novembre 2006, organisé par le MOC-ACW, avec le soutien Axcent vzw et la plate-forme Bruxelles-Espérance, et dont le thème était : Les hommes et femmes politiques et leur conviction de vie. Quelles sont leurs motivations ?", me précise Viviane Teitelbaum dans sa réponse écrite.

"Au contraire, lors de l’audition par la Police, le 22 janvier 2007, j’ai expressément déclaré que je ne demandais pas de poursuites pénales à l’encontre de M. Zegzaoui, ce qui est acté dans le PV. Concernant les propos de M. Zegzaoui, je tiens à confirmer que je ne considère nullement comme injurieux d’être qualifiée de sioniste. Ce que je considère comme injurieux, c’est d’avoir été traitée personnellement de fasciste. Ce que je n’accepte pas c’est que le sionisme soit assimilé au fascisme, ce que M. Zegzaoui a fait à plusieurs reprises, tant lors de la conférence-débat du 2 novembre (à l’origine de ma lettre) que de nouveau, lors d’une conférence-débat organisée le 8 novembre par le Mouvement Citoyen Palestine. Et enfin, je voudrais dire que ma démarche auprès du Procureur du Roi de Bruxelles a été motivée par les propos agressifs et menaçants de M. Zegzaoui qui a hurlé à mon attention lors de la conférence débat du 2 novembre que j’étais « l’ennemi, notre ennemi ». La gravité de ces propos ne vous échappera pas. Comme ils n’ont pas échappé à l’auditoire présent, choqué également. Le modérateur étant intervenu alors pour couper la parole à M. Zegzaoui. Je pense qu’il était important de faire ces précisions, car encore une fois, M Zegzaoui n’a pas pris la peine d’écouter et de lire attentivement mes propos avant de m’accuser", conclut-elle.

(photo : MR)

vendredi, décembre 08, 2006

Ultimatum du MR : Emir Kir a 8 jours pour porter plainte sous peine d'impeachment

La question orale de Viviane Teitelbaum (MR) au Parlement bruxellois ce vendredi 8/12/2006 a déclenché un ultimatum du MR (suggéré à la base par le chef de groupe socialiste Rudy Vervoort) contre le Secrétaire d'Etat bruxellois Emir Kir (PS) accusé d'avoir signé une pétition niant le génocide arménien et demandant le démantèlement du monument ixellois. Etant donné que le Parlement bruxellois ne diffuse pas ce type de débat, je vous propose d'écouter gratuitement la version intégrale des échanges parlementaires :


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Quelques extraits :

Emir Kir (PS) : (...) "Mes adversaires ont produit la copie d'un extrait d'une pétition niant le génocide arménien. Mon nom et ma signature y figurent, je ne le comprends pas. Je n'ai aucun souvenir d'avoir signé pareil document et il est inimaginable que j'aie signé une pétition portant cet intitulée. Cela me paraît d'ailleurs totalement invraisemblable et inconcevable parce que mon point de vue sur la question est tout à fait différent. Il me faut donc ici une nouvelle fois devant vous rappelez mon point de vue sur la question. J'ai toujours affirmé, y compris devant vous il y a environ 2 ans, que les Arméniens avaient été victimes de massacres et de déportations atroces et qu'il appartenait à chaque Etat d'assumer son passé. Je comprends que ces faits puissent être considérés comme génocide mais j'estime parallèlement que ce n'est pas le rôle d'un responsable politique quel qu'il soit, et certainement pas à moi, de décider de la pertinence de cette qualification." (...)

Viviane Teitelbaum (MR) : (...) "Si je comprends bien ce que vous dites : il semblerait que vous ayez signé mais que vous n'en n'avez pas souvenir. Je devrai dès lors vous interroger dans la commission "Santé" en Cocof sur Alzheimer mais bon c'est un autre débat... [ndlr : protestations d'Anne-Sylvie Mouzon (PS) et sur les bancs du PS] Je suis très sérieuse madame car le négationnisme est justement un sujet très sérieux ! Tout commence par le brouillage des mots et par la banalisation des faits." (...)

Jacques Simonet (MR) : "Article 59.1.8, j'ai le droit de prendre la parole Monsieur le Président. Il y a une question très claire qui vient d'être posée et on n'y répond pas ! Alors de deux choses l'une [ndlr : protestations d'Anne-Sylvie Mouzon (PS) et sur les bancs du PS], de deux choses l'une, de deux choses l'une : ou bien Monsieur Kir a signé et dit qu'il a signé, ce qu'il n'a pas dit à Madame Teitelbaum, ou bien il n'a pas signé. [protestations de Rudy Vervoort (PS)]. Monsieur Vervoort, c'est vous même... écoutez, vous m'avez invité, vous m'avez invité à faire quelque chose que jusqu'à présent je n'ai pas fait mais que je vais faire. Si dans les 8 jours, Monsieur Kir n'a pas déposé plainte pour faux et usage de faux, nous déposerons une motion de défiance constructive que vous allez signer puisque vous nous avez invité à le faire. (...) [protestations d'Emir Kir (PS), Charles Picqué regarde vers le ciel] Il y a une limite au mépris que peuvent avoir les ministres à l'égard des parlementaires ! C'est la deuxième fois qu'on pose la question ! Et la réponse est claire : oui ou non vous avez signé ?! "

Emir Kir (PS) : "A ce stade-ci, j'ai demandé à mes adversaires de produire l'extrait... de produire l'original. Dès qu'on aura la pièce... je verrai à ce moment-là ! "

Jacques Simonet (MR) : "Mais alors déposez plainte ! Déposez plainte ! Vous n'avez pas signé ? Faux et usage de faux ! Il ne veut pas déposer plainte parce qu'il a signé ! Il est négationniste !"

Eric Tomas (PS) : "Je suspends la séance..."

[source caricature : TBX]

vendredi, septembre 28, 2007

Génocide arménien : nié au Parlement, reconnu à Saint-Josse

Un secrétaire d'Etat bruxellois (PS) signe la pétition suivante :
"Nous rejetons l'allégation injuste et irréaliste de génocide arménien. Nous nous adressons aux communes de Bruxelles et d'Ixelles : nous demandons la suppression immédiate de l'indication sur le monument au prétendu génocide arménien qui offense l'honneur du peuple turc et des Turcs vivant en Belgique". (cf. page 56 du rapport d'activités 2003-2004 publié par l'Association de la Pensée d'Atatürk en Belgique - BADD)

La pétition évoque la négation d'un génocide et concerne un monument ixellois. Le signataire est l'actuel secrétaire d'Etat (adjoint de Charles Picqué) aux Monuments et Sites de la région bruxelloise. Pensez-vous qu'on puisse oser interpeller ce mandataire public au Parlement bruxellois ? Aucun élu Ecolo ou CDH n'a pris le risque d'interpeller le responsable politique au niveau de l'assemblée régionale. Trop risqué de mettre sa "grande coalition" en difficulté pour une vulgaire question de négationnisme. Par contre au PS, le ministre-président Charles Picqué (PS), a eu le courage de poser une question directe... sur RTL-TVi : oui ou non a-t-il signé ce document où figurent pourtant sa signature, son nom ainsi que son adresse ? L'intéressé s'est contenté de... nier (encore) au Parlement en évoquant un trou de mémoire et en tentant maladroitement de minimiser les faits (la signature) devant les interpellations du groupe MR.

"Alors que la date fatidique de l'audience en appel se rapprochait, et que de nouveaux éléments matériels avaient été mis à jour postérieurement au premier jugement en première instance, notamment une pétition prônant le démantèlement du monument à la mémoire du génocide arménien, il a décidé d’abandonner la voie judiciaire. Suite à l’arrêt de la procédure, fait incontestablement nouveau, Viviane Teitelbaum a déposé une nouvelle demande de question orale pour la rentrée parlementaire. Hier [26/09/07], le bureau élargi a décidé de ne pas prendre en considération la question de Madame Teitelbaum en arguant une nouvelle fois qu’aucun fait nouveau n’était intervenu et qu’il n’y avait pas de lien entre le retrait de la plainte et la pétition, et ce malgré les insistances des représentants MR au bureau", annonce un communiqué du parti libéral dans l'opposition.

Nié au Parlement bruxellois, le génocide arménien reste reconnu et à l'affiche jusqu'au 27 octobre au Théâtre Le Public à Saint-Josse où... Emir Kir (PS) siège comme conseiller communal car échevin empêché ! L'excellente pièce de Caroline Safarian, "Papiers d'Arménie", raconte l'histoire de deux jeunes (Azad et Levent), conditionnés par leur mémoire personnelle et l’amnésie collective, qui refont le temps d’un trajet en train vers Liège le chemin de l’immigration et de l’identité diasporique. L’un souffre d’un silence démentiel, l’autre revendique l’amnésie volontaire. Un jeu théâtral autrement plus élevé et nettement plus subtil que le triste spectacle joué en ce moment par l'hémicycle parlementaire.

mercredi, mars 14, 2007

Echec de participation pour la conférence arménienne

La première conférence du Comité de Défense de la Cause Arménienne (CDCA) ayant pour sujet "le négationnisme : les démocraties face à l 'ultime phase du génocide - pour une juste pénalisation" a bien eu lieu ce mardi (13/03/07) à la Maison des Parlementaires. L'assemblée comptait à peine une trentaine de participants, dont quelques détracteurs journalistes turcs ne comprenant pas le français (excepté le mot génocide), difficile d'évoquer un quelconque succès dans ces conditions.

Parmi les élus, il était intéressant de noter la présence de François Roelants du Vivier (FDF) et Christine Defraigne (MR), auteurs de plusieurs propositions visant la pénalisation des négationnismes, Viviane Teitelbaum (MR), auteur de plusieurs interpellations sur le sujet au Parlement bruxellois, Josy Dubié (Ecolo), auteur d'interpellations à ce propos, Denis Grimberghs (CDH), co-signataire d'un préaccord électoral secret non respecté et Clothilde Nyssens (CDH), la grande politicienne du parti centriste débordante d'énergies et capable par exemple de manifester en même temps et en l'espace de 2 semaines aux côtés des Arméniens et des Assyriens pour la pénalisation des génocides et ensuite courtiser l'électorat turcophone à Schaerbeek en soutenant exactement la position inverse. A noter également l'absence du PS bruxellois car le parti de gauche présentait le même jour sa liste à la Chambre pour les élections fédérales du 10 juin 2007 avec en 4e position un certain Emir Kir (PS) qualifié (notamment) de négationniste par une décision judiciaire.

Ouvrant la séance avec plus d'une heure de retard, Hayik Malikian, le Président du CDCA, sera fortement critiqué par plusieurs autres orateurs pour ses propos jugés turcophobes ("L'Empire ottoman, une structure politique raciste") et remplis d'amalgames ("Tariq Ramadan, un personnage sulfureux suspecté d'antisémitisme").

Des propos qui mettront mal à l'aise le sénateur François Roelants du Vivier (FDF) qui précisera d'emblée qu'il est pour l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne pour autant que les conditions, dont la reconnaissance du génocide, soient réunies . "Il est difficile d'incriminer le Turc ordinaire qui se voit infligé une vérité officielle. Ce n'est pas non plus par l'adoption d'une loi qu'on changera les mentalités mais par un long travail culturel. Sur le terrain politique, quand quelqu'un est élu, il est un élu de ce pays et pas d'un autre pays. C'est une vérité qu'il faut parfois rappeler", conclut-il en référence au lobbying intensif d'Ankara sur les élus d'origine turque en Europe.

Yolande Mukagasana, rescapé du génocide des Tutsis, enchaîne avec émotion et talent sur "la difficulté de parler d'un génocide. Comment nommer l'innommable ? La négation du génocide des Tutsis avait déjà commencée pendant sa planification. Après, il faut encore éviter les pièges politiques tendus par les médias qui n'attendaient de nous que des déclarations précisant que tous les Hutus étaient des bourreaux. C'était faux ! Tous les Hutus n'étaient pas des génocidaires et il fallait continuer la recherche des assassins de mes enfants. J'ai aussi rencontré, en Belgique, la négation de notre génocide. J'ai écrit des lettres au Sénat et à la Chambre pour demander aux parlementaires de faire quelque chose afin qu'on puisse punir les négationnistes. Chaque année, le 6 avril, que ce soit à la Basilique ou à Woluwé-Saint-Pierre, des gens commémorent les planificateurs du génocide. Je n'ai malheureusement reçu aucune réponse. Je sais qu'un génocide est irréparable mais les conséquences d'un génocide sont réparables. C'est dans ce contexte que je voudrais dire que si on se bat aussi pour la reconnaissance du génocide arménien, c'est aussi pour aider les jeunes turcs."

Radouane Bouhlal, Président du MRAX, se contentera d'abord de rappeler la position de son association : "Le débat sur l'élargissement de la pénalisation de la négation des génocides est apparu à l'initiative de la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx (PS), dans le cadre de la transposition d'une convention européenne sur la cybercriminalité. Au lieu d'élargir la pénalisation, nous aurions effectivement pu défendre la suppression de la loi de 1995 punissant la négation de la Shoa mais c'était évidemment inacceptable pour plusieurs raisons. D'abord, cela aurait été un très mauvais signal envoyé aux négationnistes néo-nazis. Ensuite, il faut savoir que la première forme d'antisémitisme concerne, d'après les plaintes enregistrées au MRAX, non pas la haine du juif émanant des Arabo-musulmans vivant dans les quartiers pauvres mais bien la négation très polie du génocide des Juifs émanant des Belgo-belges habitant dans les beaux quartiers comme Uccle. Au MRAX, nous ne voulions pas alimenter encore plus le négationnisme en proposant l'abrogation de la loi de 1995. Donc, il fallait élargir la pénalisation aux autres génocides reconnus par la Belgique pour éviter que les théories négationnistes comme la double négation (génocide des Hutus et des Tutsis) ou des manifestations visant à démanteler les monuments ne se poursuivent. Alors, on nous a dit : 'Pourquoi vous n'avez-vous pas inclus le génocide de Srebenica ?' Tout simplement parce ce problème ne se pose pas sur le terrain. Personne aujourd'hui en Belgique ne nie le génocide des Bosniaques. La pénalisation est une limitation en extrême urgence de la liberté d'expression. Donc si demain le problème se pose avec ce type de négationnisme, nous proposerons de l'ajouter. Le MRAX n'est pas opposé à la recherche historique sur le sujet et personne n'a l'intention de mettre en prison des chercheurs. Nous demandons donc aussi au législateur une clarification de la loi en ajoutant l'intention dans le chef de l'auteur du crime de porter atteinte à l'ordre public et de bafouer la mémoire des rescapés."

Le Président du MRAX évoquera aussi les difficultés rencontrées pour défendre son point-de-vue pendant ce débat : "Il était difficile de défendre un discours pénalisant dans une société où la liberté d'expression est choyée. Nous avons également dû faire face aux raisons électoralistes de certains partis dans le cadre des élections. Nous nous posons également des questions entre nous sur la stratégie poursuivie et j'avoue devant vous qu'il y a certains points qui me mettent mal à l'aise, comme votre discours d'introduction Monsieur le Président. Au lieu d'apaiser, n'avons-nous pas aggravé le conflit sur le terrain entre les Arméniens et les Turcs ? Même si la loi est adoptée, le problème restera étant donné que nous pourrons tout de même pas mettre tous les Turcs en prison. Je suis pour l'entrée de la Turquie en Europe, la Turquie est un grand pays. Cela m'embête de voir que le sujet du génocide soit utilisé par certains pour bloquer la candidature de la Turquie à l'Union européenne. Dans ce débat difficile, le MRAX a souvent été malmené par nos politiques où certains n'ont pas hésité à faire des chantages aux subsides."

Joël Kotek (professeur à l'ULB) retracera brièvement l'historique des négationnistes de la Shoa. en expliquant que "la négation de la Shoa sert principalement l'extrême droite en France. Bien que la responsabilité de l'Etat français a clairement été reconnue par Jacques Chirac en 1995, c'est avec l'émergence d'un personnage proche de l'extrême droite comme Robert Faurisson que le négationnisme prendra de l'ampleur. Faurisson parlera des prétendues chambres à gaz et du prétendu génocide des Juifs qui se fondent sur une escroquerie politico-financière dont le principal bénéficiaire est l'Etat d'Israël. La loi de 1995 n'est pas une loi mémorielle mais une loi antiraciste. Jusqu'à présent le négationnisme était un petit discours de secte mais depuis les déclarations du Président iranien et de l'organisation d'une conférence négationniste soutenue par l'Iran, c'est la première fois que nous faisons face à un négationnisme d'Etat. C'était l'une des principales différences avec les Arméniens qui combattent depuis longtemps déjà le négationnisme de l'Etat turc. Mais avec l'entrée de l'Iran dans ce type de discours, c'est la première fois que les Juifs doivent également affronter le même problème. En Belgique, on constate que le problème est loin d'être éradiqué car, en 2007, deux Belges ont décidé de rééditer et de mettre en vente dans les librairies Relay le texte des Protocoles des Sages de Sion."

Philippe Videlier (Chercheur CNRS) parlera de la "pathologie négationniste" en Turquie en fournissant une série d'exemples (les mausolées pour Enver et Talat Pacha, la redéfinition des noms scientifiques à consonnance kurde ou arménienne de quelques animaux, la propagande négationniste sur le site du ministère turc du Tourisme et de la Culture,...) inquiétants sur l'ampleur de la pression en Turquie. "Il faudra analyser l'évolution de la société turque suite à l'assassinat du journaliste Hrant Dink mais les images des policiers posant fièrement devant celui qu'il considère comme héros de la nation ne sont pas très encourageants."

Enfin, Jean-Piere Mukimbiri (doctorant à l'UCL) reviendra sur le génocide des Tutsis en abordant longuement les juridications de Gacaca comme alternative au règlement du contentieux ce génocide.