jeudi, septembre 27, 2007

Caritas s'inquète du coût humain des migrations

Ce lundi (24/09/07), la section belge de Caritas international organisait une conférence sur "le coût humain des migrations" car "la chute des demandes d’asile dans les pays européens est le résultat d’une politique européenne de fermeture et de restrictions à l’accès au territoire. Elle ne décourage cependant pas les migrants de tenter leur chance, dans des conditions toujours plus dangereuses, et à un prix toujours plus lourd".

Après l'instauration d'un système ADN de "traçabilité" des migrants (après les vaches et les moutons!) en France ; l'aveu d'une politique migratoire "injuste et inhumaine" énoncé le 10/07/07 par le Premier ministre belge ou encore le rapprochement avec le dictateur libyen (pays non signataire la Convention de Genève sur les réfugiés) en vue de sous-traiter l'accès au territoire européen, la politique migratoire européenne ne satisfait vraiment personne (ni l'Europe, ni le reste du monde).

A ce propos, Claire Rodier (Migreurope) a présenté lors de la conférence organisée par Caritas une carte des camps pour étrangers qui permet de mieux visualiser la forteresse européenne. D'après cette juriste, "des pays comme le Maroc, la Tunisie, le Sénégal ont inventé un nouveau type de délit qui s'appelle le délit d'émigration illégale. Il devient donc illégal de sortir de son propre pays, une sorte d'assignation à résidence nationale totalement contraire aux principes internationaux, où les migrants refoulés sont condamnés par la justice une fois de retour au pays."

Ambroise Tine souligne les "violences physiques" subies par les migrants dans les zones de transit au Maroc ou en Algérie : dépouiellement par des bandes maffieuses, viols des femmes aux frontières en plus du contrôle social très pesant dans le pays d'origine.







Enfin, Ngô Dinh Lê Quyên (Caritas-Roma) m'a vraiment impressionné en expliquant comment le gouvernement italien coopère avec UNHCR et l'OIM pour contenir l'immigration illégale afro-maghrébine à Lampedusa ou albanophone dans la péninsule italienne. "Le coût actuel de la politique migratoire coûte 66 euros par jour et par réfugié sans compter les frais des services de police. Il est pourtant possible de mieux gérer afin de diminuer le coût de la migration pour le contribuable européen", a expliqué l'Italienne d'origine vietnamienne. Il a aussi été question de la "fuite des cerveaux" et de "l'immigration choisie" favorisées par certains pays occidentaux. Si j'ai bien compris, il est assez illusoire de prôner un tel système étant donné que choisir la crème de l'immigration ne pourra que provoquer l'apprauvrissement des pays du Sud, encourageant donc indirectement l'immigration illégale des éléments les moins qualifiés ainsi que la maffia du trafic des êtres humains. Assez logique comme raisonnement...