vendredi, mars 23, 2007

La faute à la presse qui ne parle que de P.S. ?

Visiblement, il n'y a pas que le Président Eric Tomas (PS) qui semble furieux en ce moment suite à la publication d'un engagement douteux au sein du Parlement bruxellois. Le Bureau du Parlement a rapidement revu ce jeudi (22/03/07) sa décision d'engager Philippe Servaty comme stagiaire-attaché, piétinant peut-être au passage quelques règles élémentaires comme la présomption d'innocence et la séparation des pouvoirs.

Avant cela, Alain Daems (Ecolo) m'a également fait savoir qu'il était tout aussi furieux mais, contrairement au Président, lui c'est contre moi et il a eu la délicatesse de me le faire savoir par ces mots : "Je suis né à St Pierre (1000 Bxl) et je suis membre du Bureau du Parlement bruxellois. J'espère que je peux quand même m'exprimer, même si vous ne m'avez pas appellé, apparemment parce que je ne suis pas "d'origine marocaine" comme vous le dites dans votre mél ci-dessous. Je me réserve quand même le droit de vérifier que ce type de "filtre" de votre part ne constitue pas une discrimination abusive à l'égard des personnes qui ne sont pas "d'origine marocaine". Je ne suis pas non plus une femme, et je m'en excuserais éventuellement mais je crois que ma femme (et j'espère d'autres personnes..) ne comprendrait pas pourquoi je dois m'excuser d'avoir été présent à la réunion du Bureau alors qu'une femme membre du Bureau était absente (peut -être excusée légitimement, d'ailleurs). Toujours est-il qu'il n'a été fait aucun lien entre la personne admise au stage d'attaché et le journaliste pornographe, menteur et connu sous le nom de Belguel. J'ai participé à cette réunion du Bureau (je suis le seul membre Ecolo, il n'y a donc pas moyen d'y respecter la parité entre personne de sexe différent..) et je n'ai pas pu faire de lien avec la personne dont j'ai suivi les actes répugnants au Maroc, généralement évoqués par Le Soir (mon journal habituel) sous les seules initiales de P.S. Evidemment, j'avais déjà lu le nom de Philippe Servaty de temps en temps mais j'ai aussi lu (beaucoup plus souvent heureusement) le nom d'Abraham Serfaty ainsi que d'autres Serfaty ou Servaty sans jamais me demander s'il s'agissait du type qui avait entraîné dans la galère que l'on sait les jeunes femmes marocaines qui souffrent encore aujourd'hui de leur temporaire et tragique crédulité. Serfaty ou Servaty n'est pas un nom si rare. Votre papier laisse à penser que le Bureau du Parlement bruxellois aurait agi en connaissance de cause; c'est faux. Il laisse également croire que la raison en serait que seuls les hommes memebres du Bureau étaient présents; c'est faux et injurieux : je suis favorable à l'égalité entre femmes et hommes et tout en étant sensible à la fragilité des femmes dans des situations comme celles subies par les victimes de P. Servaty sans avoir jamais battu ma femme.... et de la même manière je suis anti-raciste tout en étant Belge de naissance, résolument hostile à l'anti-sémitisme sans être Juif, absolument opposé à l'anti-islamisme sans être ni musulman, ni même croyant, pacifiste sans avoir dû faire la guerre et.. je suis aussi membre du Bureau d'une assemblée parlementaire (depuis 1999) sans être irresponsable, comme d'ailleurs la plupart de mes collègues. Désolé pour vos clichés réducterus, faciles et démagogiques. Inspiré par Sarkozy? Ou Le Pen? La question de cette nomination, en tout cas, sera posée à la prochaine séance du Bureau du PRB, juste àprès les congés de Pâques", dixit Alain Daems.

J'ai répondu à Monsieur le député que "bien que je sois également né à l'hôpital St Pierre, je ne comprends pas vraiment le ton de votre interpellation. Je n'ai effectivement pas eu le temps de vous appeler car j'ai estimé (à tord?) que les membres du bureau d'origine marocaine seraient peut-être mieux informés que les autres d'un scandale ayant eu lieu au Maroc. Ensuite, j'ai essayé de faire le tour de l'ensemble des 15 membres, en commençant par le président et le vice-président du parlement sans avoir eu le temps de terminer. Vous êtes évidemment libre d'y voir un filtre discriminatoire mais telle n'était pas mon intention. L'extrait sur la femme, si vous avez bien lu, vient du billet de Baudouin Peeters et c'est à lui que vous devrez poser cette question. Contrairement à ce que vous affirmez, mon papier ne laisse justement pas penser que le Bureau a agi en connaissance de cause étant donné que je donne systématiquement la parole à différents membres du bureau qui semblent découvrir l'information. Je vous invite à relire les deux papiers à ce sujet avant de m'accuser d'avoir utilisé des "clichés réducterus, faciles et démagogiques. Inspiré par Sarkozy? Ou Le Pen?""

Marion Lemesre (MR), Vice-Présidente du Parlement, m'a également écrit en me déclarant : "Je confirme votre information puisque que j'ai été la première a dénoncer,hier après-midi, l'identité du candidat admis au stage par le Bureau qui s'était réuni le midi. J'ai demandé , aussitôt,au Président la convocation du Bureau et l'annulation de sa décision. Il est surpenant qu'après une telle procédure de recrutement via le Selor et examen par un jury du Parlement , ce personnage n'avait pas encore été identifié.Je n'étais pas présente au Bureau qui a pris cette décision car je participais à une conférence de presse concernant la représentation des femmes dans les instances régionales . Je ferai la proposition au prochain Bureau qui sera réuni jeudi prochain sur ce sujet , de resserrer la procédure de recrutement notament avec une présentation exhaustive des candidats retenus par le Selor et proposés à l'examen de recrutement du Parlement.Si comme le dit le Président "des personnes avaient identifié le candidat et l'ont sciemment caché au Bureau", celles-ci devront être également identifiées! Ancien collaborateur du Cabinet Van Cauwenbergh à Charleroi , il est en effet étonnant qu'une telle candidature soit passée inaperçue. Une telle bévue doit servir de leçon !"

Dégoûtée par la décision du Bureau, Fatiha Saïdi (PS, ex-Ecolo) m'a envoyé un fichier bizarrement nommé "008.22.03.07.Tomas.serfati.doc" qui contient une lettre adressée à "Monsieur le Président, Cher Eric" concernant "un certain Monsieur S." où la députée explique que "ces jeunes filles (dont deux mineures) et femmes n’ont pas encore été reconnues comme victimes aux yeux de notre justice belge. J’espère que notre Parlement, institution démocratique, ouverte sur le monde et luttant contre toutes les formes d’injustice ne leur fera pas subir une troisième peine en engageant en ses murs leur agresseur présumé. Connaissant vos engagements politiques et humanistes, ainsi que ceux de l’ensemble de mes collègues issus de partis démocratiques siégeant dans ce bureau, je reste confiante en votre décision en matière de cet engagement. Puis-je me permettre, sans aucun procès d’intention à l’égard de quiconque, de vous interpeller également sur le fait que personne, au sein de votre équipe n’ait cru bon d’informer le bureau sur les agissements du candidat en question ? Au moins une personne était informée, celle qui a divulgué l’information vers l’extérieur…"

Dans un résumé de l'affaire dans Le Soir d'aujourd'hui, Marc Metdepenningen relate l'accusation de Fatiha Saïdi qui lui avait précisé "qu'une des relations de P.S. était mineure au moment des faits, ce que conteste l'intéressé".

J'ai également retrouvé l'un des membres du bureau, Emin Özkara (PS), dans la salle des guichets de la Maison communale de Schaerbeek, pour recueillir son avis : "C'est bon, nous avons revu la décision. Ce n'est pas vraiment de notre faute car la presse ne parlait que de P.S. en utilisant des initiales à chaque fois qu'elle évoquait l'affaire et puis le nom Servaty, c'est comme les Dupont, il y en a des milliers. On ne pouvait pas savoir qu'il s'agissait de la même personne."

Le message à retenir n'a visiblement pas changé : c'est la faute à la presse, les parlementaires n'ont aucune responsabilité dans les décisions qu'ils prennent.