mercredi, janvier 31, 2007

EMB : Laurette Onkelinx évite de répondre à Zoé Genot

Zoé Genot (Ecolo) vient d'interpeller (30-01-07) en commission Justice de la Chambre la ministre des Cultes, Laurette Onkelinx (PS), au sujet de l'arrestation de Mohamed Boulif, l’ancien président de l’Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB) détenu pendant neuf jours avant d’être relâché suite à la réapparition mystérieuse de matériel informatique qui avait disparu.

"Je ne dirai rien au sujet du dossier individuel que vous évoquez. (...) Il ne m’appartient pas de commenter la décision des autorités judiciaires dans le cadre de l’instruction concernant les comptes de l’ancien Exécutif des musulmans", a répondu Laurette Onkelinx.

J'ai été voir dans les archives du Parlement ce qu'elle avait raconté lors de l'incarcération dans le même dossier de Kissi Benjelloul (vice-président de l'EMB) pour voir si la ministre des Cultes faisait preuve de la même réserve. Résultat : "J'ai appris comme vous que le vice-président avait passé une nuit en prison. Il a été libéré ce matin. Il n'y a, semble-t-il, pas d'inculpation. Mais, comme vous, je considère que c'est l'image même de l'Exécutif des musulmans qui est entachée", a répliqué Laurette Onkelinx sur une nouvelle interpellation (21-12-06) de Zoé Genot. Laurette Onkelinx n'a par contre apporté aucune réponse à deux sous-questions spécifiques : "Quelle est la durée du mandat de l’Assemblée générale des musulmans de Belgique ? Le statut de membre de l’Assemblée est-il compatible avec un mandat politique ?"

Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui un membre de l'AG cumule cette fonction avec celle de conseiller communal PS à Anderlecht alors que précédemment un mandat politique était incompatible avec celui de membre de l'AG des musulmans de Belgique. Aucune durée n'est prévue pour la fin du mandat des élus musulmans alors que la ministre des Cultes avait justement prétexté la fin du mandat du tiers des élus de l'assemblée (et l'impossibilité de choisir ce tiers) pour forcer de nouvelles élections et un renouvellement complet de l'EMB avec les applaudissements des députés PS Mohammed Boukourna et Talbia Belhouari bien connus de l'électorat musulman bruxellois.

vendredi, janvier 26, 2007

EMB : Denis Ducarme réclame de nouvelles élections musulmanes

Ma dernière interview de Kissi Benjelloul (vice-président de l'EMB) n'arrête pas de faire des vagues. L'une des personnes mises en cause par Kissi Benjelloul dans l'incarcération de Mohamed Boulif était le député francophone libéral de droite Denis (ibn Daniel) Ducarme. Ce dernier a voulu réagir aux "propos surréalistes" du vice-président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique :

"Il n’aura pas fallu 24h pour que l’on me communique la teneur des propos tenus à mon encontre par le Vice-président de l’Exécutif des Musulmans [Kissi Benjelloul] dans une interview donnée à Humeur allochtone.

Peut-être parce que les amis musulmans qui m’en ont informé savent que mon intérêt pour l’Islam de Belgique et mon respect pour les musulmans ne sont pas feints. Ils savent que je ne suis pas un ennemi de l’Islam. Ce n’est pas pour cela que je m’interdis d’avoir une approche critique. Mon objectif essentiel en la matière demeura identique. Je continuerai à requérir la constitution d’un Islam de Belgique indépendant, organisé, financé et pacifié. Il en va de la réussite de notre société multi-cultuelle et interculturelle fondée sur un socle commun des valeurs. Selon le Vice-président, qui exhibe sur ce site un courrier de la Ministre des Cultes [Laurette Onkelinx] à mon intention, ce serait sur cette base et de ma responsabilité si cette dernière a déposé la plainte qui conduisit à l’incarcération de Monsieur Boulif. On croit rêver… Mais je ne souhaite pas rentrer dans une polémique inutile et stérile. J’ai mieux à faire. J’invite simplement chacun à
relire l’interview du Vice-président.

Personne n’aura plus le moindre doute après lecture, tant les propos tenus sont surréalistes. Faut-il dès lors si attarder encore et leur donner une importance que leur excès et leur inexactitude ne méritent pas. Je ne le crois pas. Je rappellerai par contre mes demandes formulées dans mon courrier du 20 décembre à la Ministre chargée des cultes dans notre pays :

-Oui, je réclame un audit externe sur la gestion de l’EMB.
-Oui, je m’interroge sur la capacité de l’EMB à poursuivre son travail de manière sereine.
-Oui, j’estime que de nouvelles élections à l’EMB pourraient sans doute favoriser le rassemblement des musulmans de notre pays et rendre un nouvel élan collectif à la représentation musulmane.
-Oui, j’en ai assez que les multiples règlements de compte internes aux anciens et à l’actuel l’EMB salissent ainsi l’image de l’Islam de notre pays et renforcent encore les partis extrémistes et islamophobes", répond le député libéral.

Denis Ducarme (MR) est co-auteur d'une "proposition de résolution pour la constitution d'un Islam de Belgique affranchi des tutelles idéologiques étrangères et des dépendances financières extérieures" actuellement en discussion à la Chambre des Représentants de Belgique.

mercredi, janvier 24, 2007

EMB : Mohamed Boulif à nouveau libre

"Monsieur le Juge d'instruction a décide de lever la privation de liberté de M. Mohamed Boulif depuis ce matin. Etant donné que les ordinateurs et d'autres matériels annoncés disparus ont été retrouvés à l'Exécutif des Musulmans de Belgique, le Juge a estimé qu'il n'y avait plus de raison de maintenir Monsieur Boulif en détention préventive", m'a expliqué la porte-parole du Parquet de Bruxelles Estelle Arpigny.

Le juge d'instruction bruxellois Michel Claise s'est effectivement rendu ce matin (24/01/07) en compagnie de 4 enquêteurs au siège de l'EMB, Place Rouppe à 1000 Bruxelles. "On se fout de moi dans cette affaire !", a déclaré le juge en piquant une vive colère contre les responsables actuels de l'institution. Michel Claise ainsi que les 4 enquêteurs ont pu constater que le matériel manquant se trouvait bien dans les locaux de l'Exécutif. Un nouvel inventaire été dressé par les enquêteurs. Dès son retour au parquet, le juge a immédiatement transmis la lettre de mise en liberté de Mohamed Boulif détenu préventivement à la prison de Forest depuis le 16/01/07. L'un des 4 enquêteurs s'est même étonné du retour soudain d'un lave-vaisselle invisible lors de la précédente perquisition. C'est Kamal Adine, membre de l'Assemblée générale des musulmans de Belgique et actuel conseiller communal PS à Anderlecht qui avait jugé utile d'emporter le matériel appartenant à l'organe chef de culte. D'autres personnes auraient également rapportés d'urgence le reste du matériel manquant afin de sortir de cette sombre affaire politico-judiciaire.

Plusieurs responsables et membres du personnel dans l'actuel Exécutif ont activement collaboré avec la justice dans le but de faire cesser la détention de l'ancien président. Une affiche au format A3 était même en cours d'élaboration et une campagne d'affichage se profilait pour venir publiquement en aide à Mohamed Boulif. Une affiche en 4 langues (français, néerlandais, arabe et turque) qui ne sera finalement plus utile depuis l'annonce de la remise en liberté de Mohamed Boulif. L'arrestation de l'ancien président de l'EMB a été visiblement très mal ressentie par une large partie de la communauté musulmane de Belgique. C'est vers la ministre de la Justice Laurette Onkelinx (PS) et ses conseillers (dont son ex-mari Abbès Guenned) que se dirigent actuellement les principales responsabilités. C'est effectivement sur base d'une plainte de Laurette Onkelinx que le parquet a entamé une enquête pour tourner en rond dans cette longue et coûteuse enquête qui n'est pas encore classée sans suite...

mardi, janvier 23, 2007

EMB : "Mohamed Boulif est innocent"

"Dans le cadre de l'enquête relative à la gestion de l'ancienne EMB, à la demande de l'actuel président de l'Exécutif des musulmans de Belgique, un inventaire du matériel informatique a été réalisé en comparaison avec la facture mise en cause en présence du responsable de la société SGI S.C R.L « fournisseur de matériel informatique à l'époque de l'EMB ». L'Exécutif tient donc à confirmer sur base de l'inventaire établit ce jour, le 22/01/2007 que le matériel informatique correspondant à la facture sue mentionnée est bien présent dans les locaux de l'EMB", écrit Coskun Beyazgül (Président de l'EMB) dans un communiqué de presse.

Ce lundi (22/01/07) de 14h00 à 17h30, les membres de l'EMB (Coskun Beyazgül, Kissi Benjelloul, un secrétaire et un informaticien) ont vérifié et photographié en présence du représentant de la société SGI chaque numéro de série du matériel informatique disponible dans les locaux de l'institution. Objectif principal de cette démarche : établir un nouvel inventaire officiel pour venir en aide à Mohamed Boulif, l'ex-président de l'EMB (2003-2005), en détention préventive à la prison de Forest depuis le 16/01/07 pour abus de confiance et détournement de fonds. Objectif secondaire : calmer la tension qui règne au sein de la communauté musulmane depuis l'arrestation de Mohamed Boulif en prouvant la bonne volonté et la parfaite collaboration de l'actuel Exécutif dans ce dossier.

"Mohamed Boulif reste confiant pour la poursuite de l'enquête. Un peu dépassé par les événements, il est persuadé de son innocence et ne comprend pas l'injustice qui le touche. Il remercie tout le monde pour les différents soutiens écrits. Ils peuvent avoir une grande influence dans la poursuite de l'enquête. Ces lettres, l'inventaire ainsi que le communiqué de presse de l'EMB ont été transmis à son avocat qui les a remis au juge d'instruction. Il attend tous les jours sa libération", explique un membre de la famille ayant rendu visite à Mohamed Boulif.

De son côté, l'actuel vice-président de l'EMB joue aujourd'hui la carte de l'apaisement et du rassemblement après des années de vives oppositions dans la gestion du culte musulman. Extrait d'un entretien musclé avec celui qu'on présente comme le mouton noir de l'actuel Exécutif des musulmans de Belgique : Kissi Benjelloul...


MK : Etes-vous fier d'avoir réussi à mettre Mohamed Boulif en prison ?
Kissi Benjelloul : Ce n'est pas moi qui l’ai mis en prison. C'est une enquête qui date de 2003 donc d'avant notre arrivée à l'Exécutif. Je ne suis évidemment pas content car à titre personnel je ne souhaite qu'une seule chose : c'est que mon frère Mohamed Boulif puisse sortir le plus vite possible de cette tragédie... pas seulement pour Mohamed Boulif... mais pour notre communauté musulmane tout entière... et mes pensées se dirigent vers ses amis et sa famille...
MK : Pourtant, vous n'avez pas vraiment aidé votre "frère" pendant cette enquête. Je me souviens encore de l'époque où vous étiez membre de l'assemblée générale des musulmans de Belgique où vous avez sorti des documents comptables pour dénoncer votre "frère" Mohamed Boulif en l'accusant d'avoir détourné des fonds publics. Ce sont des accusations graves.
Kissi Benjelloul : Je n'ai pas dit qu'il avait détourné des fonds. En tant que membre de l'assemblée générale, j'ai demandé des éclaircissements sur ses comptes à travers une lettre. Il m'a également répondu par une lettre un peu méchante mais je le pardonne. Je le pardonne car avant tout c'est mon frère et je n'ai jamais eu de rancune envers lui. C'est un garçon honnête que je respecte. Il était toujours très gentil et très serviable. On a même travaillé ensemble contre les putschistes de l'époque. Pour moi, Mohamed Boulif est innocent. Ce n'est pas l'habitude de ce garçon de détourner des fonds publics.

MK : Laurette Onkelinx (PS) a porté plainte quand même, non ?
Kissi Benjelloul : Non, c’est à cause des députés qui lui ont posé des questions. Alors, elle ne sait pas répondre si elle ne demande pas des comptes...
MK : Est-ce pour se protéger contre ces méchants parlementaires qui posent des questions que la ministre Laurette Onkelinx a été obligée de porter plainte auprès du juge ?
Kissi Benjelloul : Elle a été obligée à cause de l’interpellation de Denis Ducarme [MR]. Regardez et lisez ce courrier envoyé par madame la ministre au député.
MK : C'est bien sur plainte de Laurette Onkelinx que le juge Claise a ouvert le dossier contre Mohamed Boulif, non ?
Kissi Benjelloul : Parce qu’elle a été interpellé… Non, c’est à cause de Denis Ducarme qui a interpellé la ministre à mon sujet.

MK : Montrez-moi cette lettre.
Kissi Benjelloul : Tenez et lisez la réponse de la ministre suite à l’interpellation de Monsieur Ducarme…

MK
: Si je lis bien, Laurette Onkelinx (PS) écrit : (…) « Le nouvel Exécutif des Musulmans de Belgique a, en effet, dû faire face à un passif très lourd, un manque de transparence total dans la gestion laissée par l’ancien Exécutif. C’est à ma demande que le Parquet de Bruxelles a été saisi de ce dossier qui est actuellement en cours d’instruction. » (…)
Kissi Benjelloul : C’est une plainte ou pas ?
MK : C’est une plainte contre l’ancien Exécutif auprès du Parquet de Bruxelles.
Kissi Benjelloul : C’est suite à une question posée à la ministre et elle devait y répondre. Parce que lui [Denis Ducarme], il nous interpelle aussi ce type-là. Il vient chez nous ici et il nous pose des questions. Pourquoi-ci ? Pourquoi-ça ?
MK : Il fait son boulot de député...
Kissi Benjelloul : C’est bien, c'est son droit mais il doit quand même dire la vérité.

MK
: Pour apaiser les tensions au sein de la communauté musulmane, accepteriez-vous de faire un pas de côté ? Par exemple, vous mettre en congé de la vice-présidence de l’Exécutif ?
Kissi Benjelloul : Non, c’est ma fierté aussi.

MK
: Et la fierté de Mohamed Boulif ?
Kissi Benjelloul : Je suis avec lui et j’espère qu’il sortira le plus vite possible. Je fais tout mon possible pour l’aider. C’est à notre demande que le représentant de la société SGI est venu aujourd’hui à l’Exécutif pour vérifier le matériel. Il faut le soutenir et essayer de prouver l’innocence du frère.
MK : Vous refusez de faire un pas de côté pour calmer les tensions au sein de la communauté musulmane…
Kissi Benjelloul : Parce que je n’ai fait que du bien.
MK : Tout le monde pense l’inverse.
Kissi Benjelloul : A cause des médias et des journalistes. Vous pouvez venir avec moi sur le terrain et vous verrez que beaucoup de musulmans me soutiennent contrairement à ce que les médias racontent. Prouvez-moi que les musulmans pensent l'inverse !
MK : A votre mosquée à Saint-Gilles, on m'explique que vous auriez détourné des fonds destinés à aider la Palestine...
Kissi Benjelloul : Ce n’est pas vrai que j’ai détourné l’argent d’une récolte pour la Palestine. Alors, les journaux publient ma photo en m’accusant mais ce n’est pas vrai ! Quand je suis auditionné par un juge, on parle de moi dans les médias mais quand je suis blanchi, personne ne rectifie l'information. C’est une campagne de diffamation à mon égard. Je suis à l’Exécutif pour réaliser des projets et la communauté musulmane m’a élu pour que je réalise ces projets…

MK : Avec 363 voix de préférence, il est difficile de croire que vous représentez grand chose...
Kissi Benjelloul : C’est le premier score à Bruxelles.
MK : Dans votre catégorie de « Marocains » peut-être mais sans la catégorisation ethnique, vous n'auriez jamais pu siéger à l'assemblée générale des musulmans...
Kissi Benjelloul : C'est votre avis. Il y a des cooptés qui n’ont même pas une seule voix. Il y a par exemple 27 cooptés dans l’assemblée générale [ndlr : il n'y a aucun coopté depuis les dernières élections musulmanes]. Généralement, on coopte les gens pour leurs compétences. Où sont ces compétences ? Je ne les vois pas. Il faut m’interroger sur le travail que nous faisons à l’Exécutif depuis notre arrivée et pas venir avec des mensonges dans les médias en publiant ma photo ou en me traitant de crapule. Mais je vais mettre un terme à tout cela. J’ai tout remis à mes avocats et au moindre dérapage sur moi, je vais tout de suite faire intervenir mes avocats. Que me reproche la communauté musulmane ? On a redressé la situation en payant tout le passif. Toutes les dettes ont été payées !

MK
: C’est plus facile quand on a les subsides, n'est-ce pas ?
Kissi Benjelloul : Oui mais je ne parle pas seulement de 2005 mais aussi des dettes des années 2004, 2003, 2002, 2001 et 2000. Tout le passif ! Or, le subside est accordé pour un budget bien déterminé. Nous n’avons plus un franc de dette aujourd'hui. Nous avons même payé le précompte immobilier de l’année 2000, les dettes de l’ONSS, les arriérés de loyer et les dettes de personnes. Nous avons apuré toutes les dettes de l’institution… Vous comprenez ?

MK
: Et la dette de 80.000 euros contractée par l’ancien Exécutif, via l’asbl "Gestion de l’Exécutif des musulmans de Belgique", vous ne voulez pas la payer ?
Kissi Benjelloul : Ecoutez, ce n’est pas nous qui commandons…

MK
: Qui commande l’Exécutif ?
Kissi Benjelloul : Nous n'avons reçu qu'un subside pour l’année 2005…
MK : Allez-vous "oui" ou "non" payer la dette de 80.000 euros empruntée en 2004 par l’ancien Exécutif pour payer les salaires et les factures de téléphone de l’institution parce que la ministre Laurette Onkelinx avait bloqué tous les subsides ?
Kissi Benjelloul : Non, ce n’est pas comme ça. Ecoutez, nous n’avons qu’un budget pour 2005 et nous ne pouvons pas l'utiliser pour les années précédentes.
MK : Mais vous venez de me dire que vous aviez même payé le précompte immobilier de l’année 2000 ainsi que les dettes de l’année 2004, 2003, 2002, 2001 et 2000.
Kissi Benjelloul : … Normalement, on ne le fait pas. Mais comme nous avions tout le temps des huissiers devant la porte, nous avons décidé de payer ces dettes. Ce n’est pas nous qui disons "oui" ou "non", c’est l’administration et la Cour des comptes.

MK
: Donc c’est "non" pour la dette de 80.000 euros ?
Kissi Benjelloul : Avons-nous reçu un budget pour l’année 2004 ? Non ! Avons-nous reçu un budget pour l’année 2003 ? Non ! Nous n’avons reçu qu’un budget pour l’année 2005…

MK
: Avez-vous reçu un budget pour l’année 2000 ? Non! Pourquoi avez-vous payé le précompte immobilier de l’année 2000 ?
Kissi Benjelloul : Ce sont des dettes de l’institution.

MK
: Tout comme les 80.000 euros empruntés par l’ancien Exécutif, non ?
Kissi Benjelloul : Mais, cela n’entre pas vraiment dans le subside. Il faut que l’ancienne équipe prouve à la Cour des comptes que l’argent emprunté a bien servi aux dépenses de l’Exécutif. Si après, la Cour nous dit qu’il faut payer, nous les payerons dès demain ! Si les pièces justificatives prouvent que l’argent a bien été utilisé correctement, il n’y aura aucun problème.

MK
: Pourtant, vous êtes impliqués dans une procédure judiciaire sur ce dossier où l’association « Gestion de l’EMB » créé par l’Exécutif Boulif affronte votre association « Gestion des finances de l’EMB » …
Coskun Beyazgül : Si vous me permettez de répondre... L’affaire ne porte pas sur l’emprunt mais sur les statuts d’une association qui a les mêmes objets que l’Exécutif des musulmans de Belgique. Chacun est évidemment libre d’avoir son association mais si l’objet social d’une asbl est exactement le même que l’EMB, cela risque de semer la confusion. Ce sont des associations parasites qui sèment la confusion. C’est la même chose avec le Conseil fédéral des musulmans de Belgique. Ils ont carrément repris le même objet social que l’Exécutif des musulmans de Belgique donné par un arrêté royal. Mais la procédure judiciaire évoquée n’a aucun rapport avec les 80.000 euros…
MK : Le prêt a été contracté par l’association Gestion de l’EMB et l’Exécutif actuel a créé sa propre association pour éviter de payer cette dette... Pour revenir à l'arrestation de Mohamed Boulif, s'il y a effectivement eu des malversations dans l'ancien Exécutif, c'est l'ensemble de l’Exécutif qui devrait en rendre compte et pas seulement son président, non ?
Coskun Beyazgül : Vous n'êtes pas le seul à vous posez cette question. On ne comprend pas non plus la raison de cette seule inculpation. Effectivement, c’est la gestion de toute une équipe. Malheureusement, nous ne savons pas ce qui est en train de se passer et c'est vrai que c'est la gestion de toute une équipe. Monsieur Boulif est actuellement dans cette situation difficile. L'affaire est pour l'instant en instruction mais vous pouvez être certain que nous sommes prêts à collaborer et fournir tous les éléments justificatifs possibles pour terminer l'enquête.

MK : Vous adoptez maintenant un ton apaisant alors que dans la presse, on n'arrête pas de lire que « les successeurs » ne trouvent plus les ordinateurs livrés par la société SGI.
Kissi Benjelloul : Nous n'avons jamais dit cela ! Jamais !
Coskun Beyazgül : Vous savez, l’affaire décolle tellement vite et c’est vraiment n’importe quoi. Nous n’avons jamais dit que le matériel était introuvable ou qu’il n’était pas à l’Exécutif. Dès que le juge d'instruction est arrivé sur place, nous lui avons remis tous les documents demandés. Nous avons pleinement collaboré avec les enquêteurs. Je ne sais pas ce que nous pouvions encore faire d’autre. Je ne comprends pas comment certains journalistes, qui ne se donnent même pas la peine de nous contacter, peuvent ensuite écrire que nous ne trouvons pas le matériel. Les rumeurs et les lettres anonymes vont tellement vite que nous n’avons pas le temps de réagir à tout. Nous espérons qu'une seule chose, c'est d'en finir avec ces histoires. Que les médias arrêtent de jetter de l'huile sur le feu sans cesse.

vendredi, janvier 19, 2007

Turquie : Hrant Dink et son dernier article prémonitoire...

Hrank Dink, le journaliste turc d'origine arménienne (né le 15/09/1954), a été abattu ce vendredi (19/01/07) assassiné à Istanbul de 3 ou 4 balles tirées par un jeune d'environ 20 ou 30 ans devant les locaux de son hebdomadaire AGOS (bilingue arméno-turc). Cible récurrente de la presse turque et des milieux nationalistes turcs, le journaliste Hrant Dink avait déjà été poursuivi à 3 reprises, et condamné une fois, sur base de l'article 301 du code pénal turc pour "atteinte à l'identité turque".

Voici la traduction d'un extrait de son dernier éditorial prémonitoire à propos des menaces de mort qu'il recevait :

"En 2002, suite à une déclaration que j'ai faite lors d'une conférence dans la ville d'Urfa précisant que 'je ne suis pas Turc... je suis de Turquie et Arménien', je suis poursuivi depuis 3 ans en justice au motif d'avoir porté 'atteinte à l'identité turque'. (...) A chaque fois, on me rend plus célèbre en me présentant comme un 'ennemi des Turcs'. Les fascistes m'attaquaient dans les corridors des tribunaux à l'aide d'insultes racistes. Ils faisaient pleuvoir des pancartes d'offenses contre moi. Atteignant les centaines, ces coups de téléphone, ces emails et ces lettres de menace augmentaient au fur et à mesure. A tout cela, je résistais en soupirant de patience et en attendant ma relaxe. Je savais que la vérité ferait surface une fois le jugement rendu et que ces personnes auraient honte ce qu'ils avaient fait. (...) La mémoire de mon ordinateur est remplie par la colère et les menaces qui me sont envoyées par cette frange des compatriotes. (Une de ces lettres a été postée depuis la ville de Bursa et elle donne l'impression d'une menace imminente de manière assez inquiétante et malgré le fait que j'ai remis cette lettre de menace au parquet de Şişli, cela n'a à ce jour abouti à rien. Je préfère noter cette information ici pendant qu'il est encore temps). Il m'est évidemment impossible de savoir combien ces menaces sont véridiques ou pas. Mais pour moi, la vraie menace et ce qui m'est le plus insupportable, c'est la torture psychologique dans laquelle je vis."

Deux suspects ont été initialement mis en garde à vue puis relaxés par la police turque. Juste après, la chaîne de télévision Star TV a diffusé les images provenant d'une caméra de surveillance et désignant un présumé "criminel" sans pouvoir formellement l'identifier.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan (AKP) a fermement condamné le crime tout en laissant sous-entendre l'idée d'un complot anti-turc : "Le fait que les mains ensanglantées ont cette fois choisi comme victime Hrant Dink est un acte particulièrement significatif. Nous trouvons significatif que ce crime soit commis alors que le prétendu génocide arménien est à l'ordre du jour dans certains pays. Nous enquêtons et allons enquêter toutes les pistes du crime. Nous allons entreprendre tout ce qu'il faut pour éclaircir au plus vite cette affaire."

En Belgique, le Collectif 1971 rappelle dans un communiqué de presse que "même dans les autres pays comme la Belgique, les missions diplomatiques et les éditions européennes des journaux turcs mènent une campagne haineuse contre tous ceux qui ne s’allient pas à la politique négationniste d’Ankara. Sous l’impulsion de cette campagne, même les élus sur la liste des partis politiques belges sont allés jusqu’à demander le démantèlement du monument de génocide arménien à Ixelles. L’assassinat de Dink est une des conséquences tragiques de cette campagne qui constitue à nos yeux un crime contre l’humanité."

Dans un communiqué de condoléances, le sénateur François Roelants du Vivier (MR-FDF), Président de la commission des relations extérieures et de la défense, rappelle qu'il a "rencontré Hrant Dink il y a quelques mois à Istanbul. Il m'avait fait forte impression par son souci de faire évoluer progressivement, sans tapage, mais avec une grande rigueur intellectuelle, la mentalité du peuple turc endoctriné par une version officielle de l'histoire, niant délibérément le génocide arménien. Son assassinat peut être interprété comme une conséquence de ce négationnisme d'état qui apparaît de plus en plus insupportable au XXIe siècle, et singulièrement à l'aune de la candidature de la Turquie à l'Union européenne."

Gürsel Köksal, Président de l'association des journalistes turcs en Europe (ATGB), écrit dans un communiqué de presse où il évoque l'assassinat de "notre confrère, notre frère" que "la Turquie et les intellectuels turcs doivent faire face aux complots internationaux et à leurs armes fascistes qui sont derrière cette attaque. Les journalistes ont maintenant un grand rôle à jouer. L'association des journalistes turcs d'Europe est décidé avec ses confrères à faire face pour ne pas livrer la Turquie aux terrroristes fascistes, à cette culture du lynchage grandissante, au fascisme et au racisme."

Le Comité de Défense de la Cause Arménienne "demande à la Belgique de condamner cet acte et d'exiger de la Turquie qu'elle mette un terme à sa politique haineuse envers la communauté arménienne. « Nous souhaitons que les autorités belges prennent également des dispositions en matière pénale et en matière éducative pour empêcher qu'une horreur de ce genre puisse se produire sur le territoire belge où le négationnisme d'Etat turc se répand à grande échelle, en particulier au sein de la large communauté turque de Belgique ». A noter qu'avec la politique de haine qu'exporte la Turquie, il n'est pas exclu, qu'une telle horreur puisse se produire en Belgique, a conclu Hayik Malikian. Le CDCA Belgique présente ses condoléances à la famille de Hrant Dink et exprime toute sa sympathie à ses proches."


(photo : Agos)

mercredi, janvier 17, 2007

EMB : "Le matériel informatique se trouve à ... l'Exécutif"

Les quotidiens Le Soir et la Dernière Heure titrent sur l'arrestation de l'ex-Président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB) Mohamed Boulif en évoquant à nouveau l'affaire des ordinateurs achetés à la SGI SPRL.

"Boulif, toujours présumé innocent, dit que les ordinateurs étaient là lorsqu'il a quitté son poste, ses successeurs affirment, eux, qu'ils ne les ont jamais vus", écrit Frédéric Delepierre dans Le Soir. "Mais, fait étrange, ces ordinateurs ont disparu. Ont-ils d'ailleurs jamais existé ? Dans ce cas, il s'agirait simplement de fausses factures", ajoute Emmanuel Praet dans la DH en continuant à fausser les pistes sans vérification.

Contacté par téléphone ce mercredi (17/01/07) Imran Akhtar, le responsable actuel de la communication de l'EMB, dément formellement la version relatée par la presse : "C'est absolument faux ! Les ordinateurs sont toujours stockés dans les locaux de l'Exécutif, plus particulièrement dans les salles de réunion et dans la remise de l'EMB. Nous n'avons jamais dit que ces ordinateurs manquaient aux journalistes. Un constat d'huissier a été établi lors de la prise de pouvoir du Bureau permanent en présence de M. Boulif également. Ce procès-verbal a été remis au juge d'instruction Claise. Un inventaire détaillant l'ancien et le nouveau matériel a également été dressé lors des dernières perquisitions de la Police fédérale. Je n'ai aucune idée pourquoi la presse relate de tels propos totalement mensongers en l'attribuant à l'actuel Exécutif."

Logiquement, il convient donc de s'interroger sur la source de ces informations non vérifiées qui se propagent à toute vitesse. C'est en lisant l'article partial (comme d'habitude) de Roland Planchar dans La Libre Belgique que vous pourrez trouver l'identité de l'informateur en question : "On passera sur la dénonciation qui a brièvement conduit (semble-t-il à tort) le vice-président actuel Benjelloul Kissi dans les mains de M. Claise, voilà peu (LLB 22/12) et sur des dénonciations supplémentaires (LLB 8/1), pour en revenir au dernier épisode."

mardi, janvier 16, 2007

EMB : Après Kissi, arrestation de Boulif

Mohamed Boulif, ex-Président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB), a été privé de sa liberté aujourd'hui (16/01/07) par le juge d'instruction bruxellois Michel Claise. "On l'avait convoqué initialement à 8h30 du matin pour une audition qui ne devait durer qu'une heure. Mais, sans même l'avoir auditionné complètement, la police lui a signifié son arrestation", explique une source proche de l'inculpé.

Les motifs de l'arrestation de Mohamed Boulif n'ont pas encore été rendus public et son avocat était injoignable téléphoniquement. La justice reprocherait à l'ex-Président de l'EMB (2003-2005) des détournements de fonds, faux en écriture et abus de biens sociaux. Plus concrètement, c'est à nouveau l'affaire des ordinateurs achetés auprès de la société SGI SPRL dirigée par le beau-frère de Boulif qui poserait problème. Les valeurs facturées ne correspondraient pas aux valeurs du matériel fourni. Lors d'un précédent entretien, Mohamed Boulif m'avait pourtant expliqué les différents points de son dossier à l'instruction en y apportant ses propres répliques.

Cette nouvelle arrestation est à mettre dans le cadre d'une guerre juridico-politique que se livrent Kissi Benjelloul et Mohamed Boulif. En effet, fin décembre 2006, c'est l'actuel vice-président de l'EMB Kissi Benjelloul qui faisait l'objet d'une arrestation judiciaire avant d'être relaxé le lendemain. Aujourd'hui, c'est son ennemi juré Mohamed Boulif qui se retrouve privé de sa liberté. Sur le plan politique, Kissi Benjelloul est proche du PS et surtout d'Abbès Guenned, l'ex-mari et actuel conseiller de la ministre des Cultes Laurette Onkelinx (PS), alors que Mohamed Boulif est réputé proche du CDH.

Contacté par téléphone, l'Exécutif des Musulmans de Belgique "se refuse à tout commentaire" à propos de l'arrestation de Mohamed Boulif "tant que l'information n'a pas été vérifiée de source judiciaire". L'organe chef de culte des musulmans suit avec un certain agacement cette guerre juridico-politique que se livrent les deux camps Kissi-Boulif.

A noter aussi que l'EMB semble petit à petit se désolidariser de son vice-président Kissi Benjelloul. Un signe ? L'absence de réaction de l'Exécutif suite aux graves soupçons de détournement de fonds dans le chef de Kissi Benjelloul à propos d'une collecte destinée à la Palestine.

jeudi, janvier 11, 2007

Sénat : Franco Seminara prête serment

Franco Seminara (PS) vient de prêter serment ce jeudi (11/01/07) comme sénateur belge en remplacement de Marie-José Laloy (PS) nommée gouverneur de la province du Brabant-wallon. Le groupe socialiste doit encore désigner un sénateur de communauté depuis le début du mois de décembre après la démission de Jean-François Istasse devenu échevin à Verviers. Une première liste de 12 candidats, dont Jean-Claude Van Cauwenberghe, se seraient déjà manifestés pour remplacer cette place vacante au Sénat mais la direction du PS n'aurait toujours pris aucune décision définitive à ce sujet. On évoque déjà l'élimination du candidat carolo car "au cas où il faudrait lever l'immunité de Van Cau, il vaudrait mieux le faire qu'une seule fois et pas deux ou trois fois."

En attendant du renfort, "Je jure d'observer la Constitution", s'est contenté de déclarer le nouveau sénateur Franco Seminara, ex-ambassadeur d'Handicap international et candidat d'ouverture (11.117 voix) lors des élections fédérales de 2003. Membre du pouvoir législatif, sa prestation de serment ne fait logiquement aucune référence à "la fidélité au roi" ou au respect des "lois du peuple belge". La référence à la monarchie dans le serment constitutionnel n'est d'ailleurs maintenue qu'au niveau des élus communaux francophones du pays car depuis la régionalisation de la loi communale (03/08/01), les nouveaux conseillers communaux flamands, qui viennent de prêter serment, ne s'engagent plus qu' à "respecter les obligations liées au mandat".

Parmi ses membres, le Sénat compte déjà 3 sénateurs bénévoles (Philippe, Astrid et Laurent de Belgique) et un bénévole autoproclamé (Marc Wilmots du MR). Ces 4 sénateurs sont presque totalement inactifs. Même s'il débarque en fin de législature à quelques mois des élections, Franco Seminara (48 ans et 2 enfants) ne compte pas rester inactif pour autant : "Je ne suis pas un homme-miracle mais je compte intervenir au Sénat sur des sujets qui me tiennent particulièrement à coeur comme l'année européenne pour l'égalité des chances 2007, la première convention internationale sur les droits des personnes handicapées signés par 192 pays dans le monde ou encore un sujet tabou comme la sexualité chez les handicapés."

D'origine sicilienne, le nouveau sénateur, un moment courtisé par Joëlle Milquet (CDH), déclare qu'il a fait son choix politique "suite à un coup de téléphone d'Elio Di Rupo". Interpellé également sur sa future candidature politique, Franco Seminara annonce qu'il compte "poser sa candidature pour les prochaines élections mais c'est le parti qui décide en fin de compte."

lundi, janvier 08, 2007

Belgique - Le mouton égorgé dans un quotidien américain

Le quotidien américain The Wall Street Journal publie (04/01/07) un reportage sur la dernière fête du sacrifice musulman (Aïd al-Adha) en Belgique. La journaliste Mary Jacoby a suivi de près les préparatifs de la communauté musulmane belge ainsi que les protestations du lobby animalier GAIA. Et en partant du cas particulier du musulman bruxellois Mohamed Mimoun, elle évoque toutes les polémiques qui entourent la question du sacrifice rituel en milieu urbain (flou juridique sur l'interdiction, liberté du culte, protection des animaux, enjeux économiques et électoraux). L'une des meilleures anecdotes relatées par la journaliste américaine est probablement celle où Mohamed Mimoun est verbalisé par la police anderlechtoise pour avoir amené son mouton jusqu'au centre d'abattage communal dans le coffre de sa Toyota Avensis alors qu'il aurait dû visiblement réserver le siège à l'avant (la place du mort) pour l'animal et surtout lui mettre la ceinture de sécurité...

De son côté, Paul Lin (Dow Jones Online) explique télévisuellement cette controverse entre les deux principes antagonistes : la liberté d'exercer sa religion face à la cruauté exercée contre les animaux (lire aussi un célèbre arrêt de la CEDH sur l'abattage rituel juif).

Etant requis par le WSJ pour l'enquête sur le terrain, j'étais d'abord surpris de constater le flou juridique relaté par Coskun Beyazgül (Président de l'EMB) lors de notre entretien sur la question : "Savez-vous que les musulmans pratiquent l’abattage durant toute l’année sans que cela ne pose vraiment un quelconque problème ? La seule différence est que ce dernier est un abattage privé et qu’il faut juste disposer d’une autorisation d’abattage à domicile. La loi du 5 septembre 1952 relative à l’expertise et au commerce des viandes précise explicitement que : « les viandes de boucherie provenant d’animaux abattus dans le royaume doivent être expertisées après l’abattage. Il n’est fait exception à cette obligation que pour les viandes provenant de porcs, moutons, chèvres, agneaux, abattus par un particulier, à son domicile, pour les besoins exclusifs de son ménage ». L’abattage privé est donc clairement autorisé mais c’est seulement l’abattage rituel ou à caractère religieux qui est interdit. Théoriquement, on pourrait donc demander une autorisation d’abattage à domicile pour un mouton après le 1er janvier en invoquant ses besoins de ménage. Jusqu’en 2001 (ndlr : 1998), les musulmans pratiquaient le sacrifice à domicile sans que cela ne pose vraiment problème. On ne peut pas vraiment parler de racisme antimusulman mais une chose est sûre, la loi interdisant l’abattage à domicile n’est pas bonne. On a quand même l’impression que la loi vise particulièrement les musulmans. Puis, le législateur a décidé d’interdire cette pratique en adoptant une loi sans proposer une alternative. Les musulmans ont cependant continué à sacrifier à domicile jusqu’en 2004. A ce moment, les autorités régionales ont tenté d'organisé le sacrifice. Nous avons soutenu ce processus car, bien qu'imparfait, cela permettait aux musulmans de sortir de l'illégalité. L'organisation régionale était finalement un grand fiasco principalement à cause du personnel incompétent sur place. Seul l'acte de sacrifice requiert un sacrificateur musulman. Donc, si nous avions pu engager des Ecossais ou des Irlandais qui sont de vrais professionnels en matière de préparation de viandes, tout aurait été mieux. Mais, ces professionnels coûtent chers et les autorités n'ont pas voulu payer. Par ailleurs, sur plainte de GAIA, un procureur a décidé poursuivre environ 1.500 musulmans pour des dépôts de déchets dans les conteneurs publics. Un deal a été conclu pour que ce soit la dernière fois qu’ils se comportent de manière illégale en pratiquant l'abattage à domicile."

Même si les autorités publiques se réjouissent de la dernière fête du mouton sous prétexte qu'"aucun incident majeur n'a été enregistré", le bilan organisationnel de l'événement annuel accuse un nouvel échec frappant avec seulement 3.997 moutons abattus (Anderlecht, Bruxelles, Molenbeek, Schaerbeek et sites provisoires en périphérie) et près de 700 dépôts clandestins uniquement pour la région bruxelloise. Sans compter les dépôts clandestins dans les conteneurs à Mons ou à Maasmechelen...

De leur côté, les militants du Groupe d'Action dans l'Intérêt des Animaux (GAIA) manifestaient le samedi 30/12/06 devant l'abattoir anversois de la Slachthuislaan. Les responsables refuseront l'accès à la presse malgré l'accord de quelques fidèles musulmans pour assister au sacrifice. Durant l'entretien, le président de GAIA Michel Vandenbosch a tenu un discours relativement modéré en expliquant que "le bien être des animaux n'est certainement pas respecté car les moutons ne sont pas étourdis avant l'acte de sacrifice. Ce que nous voulons, si un abattage rituel doit absolument prendre place dans la communauté musulmane, c'est que les animaux soient obligatoirement étourdis car aucun animal devrait souffrir. Nous voulons également soutenir auprès de la communauté musulmane des alternatives à l'abattage animal comme la possibilité d'accomplir ses obligations religieuses en faisant des dons au profit des pays victimes de catastrophes naturelles".

mardi, janvier 02, 2007

Presse : Ethem Kislali menace Binfikir et Belturk

La concurrence sur le marché de la presse turcophone belge se développe si rapidement que la guerre des éditorialistes laisse petit à petit la place à la guerre des marques. Après les répliques par colonne interposée, on se dirige vers des tactiques plus juridiques. A travers un montage économique complexe, l'une des publications tente de porter le coup de grâce à ses principaux concurrents. Enquête sur le montage financier international du dirigeant d'Euroturk, Ethem Kislali, menaçant indirectement ses concurrents médiatiques de disparition...

Tout commence quand la société luxembourgeoise Eurosim SA enregistre le 21/11/2006 deux nouvelles marques auprès de la BOIP (Office Benelux de la Propriété intellectuelle) : Binfikir et Belturk. Cet enregistrement confère à la société Eurosim un droit exclusif, à l'expiration du délai d'opposition (01/02/2007), à faire usage des marques sur le territoire des pays du Benelux. Or tant Binfikir que Belturk sont déjà des périodiques en langue turque publiées en Belgique.

Alors pourquoi cette société luxembourgeoise de télécommunications, financée notamment par des capitaux panaméens, décide soudainement de débourser plus de 500 euros en frais d'enregistrement dans le but d'acquérir les droits exclusifs de deux petites publications turcophones sur le marché belge? Pour répondre à la question, il convient de chercher le commanditaire d'une telle manœuvre visant peut-être à faire taire définitivement les deux titres de presse.

Eurosim SA commercialise sur le marché belge une carte pour téléphone mobile baptisée "Belsim", un produit distribué par la société Ay Cell Network Management en plus des autres cartes concurrentes du réseau Base comme Ay Yildiz.

Ay Cell Network Management est dirigée officiellement par la femme d'affaires Saime Zilyas et officieusement par son compagnon Ethem Kislali. Proche des islamistes turcs de Milli Görüs, ce dernier est l'ex-vice président de l'Exécutif des Musulmans en Belgique, actuel Président de l’asbl CEPI et propriétaire de l’Agence EuroTurk qui édite une publication trilingue baptisée « Euroturk ». Ce mensuel Euroturk entre en concurrence directe avec d’autres publications s’adressant à la communauté turcophone belge comme Binfikir et Belturk. Est-ce dans le but d'éliminer toute concurrence que les marques Binfikir et Belturk ont été enregistrées ? Les principaux intéressés démentent être à l'origine d'une telle manoeuvre.

Interpellé sur le sujet, Saime Zilyas garde un silence gêné et précise qu' "Ethem répondra à toutes ces questions." Ethem Kislali réplique à son tour que "ce n'est pas Ay Cell mais la société luxembourgeoise Eurosim SA qui a enregistré ces marques. Nous n'avons qu'un accord de distribution avec Eurosim sur un produit précis. C'est vrai, nous conseillons ces personnes sur les marques intéressantes dans les communautés turques et marocaines. Nous avons même remis un rapport à cette société en qualité de consultant mais ce sont eux qui ont pris la décision d'enregistrer ces marques. D'ailleurs, Eurosim a enregistré une série de marques et pas seulement Binfikir et Belturk. Ils pensent peut-être lancer des produits de télécommunications sous ces dénominations mais nous n'avons rien à voir dans cette histoire." Ethem Kislali refuse donc une quelconque implication dans l'enregistrement de la dénomination de ses publications concurrentes à la sienne. "A part l'accord de distribution et de consultance, nous n'avons aucun autre rapport avec la société Eurosim", ajoute-t-il. Sauf que les sites internets belges de Belsim et d'Eurosim sont administrés par la société Ay Cell Network Management dirigée officiellement par sa compagne.

En enregistrant comme marques exclusives les noms de ses principaux concurrents, Ethem Kislali vise-t-il à faire taire définitivement la presse turcophone belge ?

"Cette manœuvre commerciale a de fortes chances de réussir compte tenu d’un précédent révélateur de la méthode mise en pratique par M. Kislali", déclare de son côté Tibet Demirel, responsable de l’agence de communication Moonshine Production. "Beaucoup de dirigeants d’entreprise sous-estiment l’importance de l’enregistrement de leur marque ou la protection de leurs droits intellectuels. Il ne suffit pas d’acheter un nom de domaine sur internet pour garantir sa survie. La négligence d’une telle action peut entraîner des dégâts importants. Prenez par exemple la marque EuroTurk. Il s’agit à l’origine du nom d’une publication éditée par Mustafa Cavusoglu ‘Euroturk Press’. Suite à l’enregistrement de la marque et des menaces de poursuites judiciaires de la part du titulaire légal, M. Cavusoglu a été forcé d’arrêter son titre. La menace légale peut donc faire de vrais dégâts. Une solution existe pour les titres menacés que vous mentionnez : enregistrer sa marque avant la fin du délai d’opposition. Une procédure stricte existe pour introduire une plainte auprès de la BOIP et il est fortement conseillé de demander l’aide d’un avocat et d’un spécialiste en communication."